Effusion
***
Il marchait dans la nuit une lampe à la main
en longeant ces chemins qui mènent à demain
moi je le regardais allongée sur ma pierre
m'endormant sous un ciel parsemé de lumières.
Je n'avais plus de peurs, je n'avais plus de larmes
j'avais quitté mes pleurs et ravalé mes drames
lentement, chaque soir, je déclamais des vers
gravitant calmement les étés, les hivers.
Jusqu'au soleil levant, l'éclaireur de mes nuits
libérait mon esprit, comme un chasseur d'ennui
il dessinait ma vie dans le creux de ses mains
remplissant de desseins nos vagues lendemains.
Il était mon ami, il était mon amant
et dans nos longues nuits passées au firmament
des voiles vaporeux s'élongeaient sur nos êtres
alanguis de désir, avides de renaître.
Puis je me réveillais dès le petit matin
enivrée par le flot de ses câlins mutins,
de ses regards-douceur, j'en oubliais les heures
m'abandonnant à lui dans un vent de bonheur...
***
« La vie, ce n'est pas la prise, c'est le désir. »
Henry de Montherlant, Aux fontaines du désir.
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